Le Coran – Par David Belhassen

Source: Mahomet, le Coran et l’islam « pour les fortiches »

Tout musulman vous le dira : « si vous ne savez pas l’arabe, vous ne pouvez vraiment comprendre le Coran. Toute traduction est soit mauvaise, soit hors-contexte. » Cette allégation est évidemment une manière de piéger le lecteur non arabophone (et non musulman), miné par « sa mauvaise conscience d’occidental ».
Nous avons donc décidé de « jouer le jeu » et de proposer au lecteur une nouvelle méthode de lecture arabe du Coran, « pour les fortiches » en quelque sorte.

Mais pour être « fortiche » dans le Coran, il faut obligatoirement avoir lu et étudié préalablement le Pentateuque (« La Torah ») et accessoirement les Evangiles. Pourquoi donc ?

Tout simplement parce que plus des trois quarts des versets du Coran plagient (maladroitement, et parfois de manière ignare et ridicule) ceux du Pentateuque et des Evangiles. Quant au quart restant des versets coraniques, on peut les partager, à égale quantité, entre d’une part des « originalités » de Mahomet (ou de son scribe), et d’autre part des réminiscences, des atavismes et des traditions préislamiques et polythéistes d’origine mecquoise.

Le problème est que les musulmans ne lisent ni le Pentateuque et ni les Evangiles. Certes, le Coran évoque souvent ces deux « Livres Saints », et il les considère comme des références. Il affirme même que le Coran corrobore « les Ecritures révélées avant lui » (Sourate XII, verset 111).  Mais il s’estime auto-suffisant.

Les versets 155-156 de la sourate VI, l’énoncent carrément [i]:

وَهَذَا كِتَابٌ أَنْزَلْنَاهُ مُبَارَكٌ فَاتَّبِعُوهُ وَاتَّقُوالَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ
et cette écriture que nous avons fait descendre bénie, suivez-la et soyez pieux et vous serez pris en miséricorde
أَنْ تَقُولُوا إِنَّمَا أُنْزِلَالْكِتَابُ عَلَى طَائِفَتَيْنِ مِنْ قَبْلِنَا وَإِنْ كُنَّا عَنْ دِرَاسَتِهِمْلَغَافِلِينَ
afin que vous ne disiez point que l’écriture a été descendue sur deux communautés avant nous, et que nous avions été négligents à les étudier.

 

Ces deux sentences sont capitales dans l’islam, et cela d’autant plus que le Coran accuse les juifs et les chrétiens (« les deux communautés avant nous ») d’avoir falsifié leurs textes bibliques originaux (communément appelés Ancien et Nouveau Testament). S’agissant des juifs, ils sont tancés pour avoir « modifié la Torah de Moïse » et « rendu  licite ce qui est prohibé et prohibé ce qui est licite ! ». Quant aux chrétiens, ils sont traités de « menteurs » lorsqu’ils disent que « Dieu a un Fils » ou que « Jésus a été crucifié » car d’après le Coran il est « impossible que Dieu ait un Fils » et que Jésus ait été crucifié, car « c’est un autre qui l’a été à sa place » ! Et ainsi de suite, tout au long du Coran.

Et de fait, l’islam interdit aux musulmans toute lecture de la Bible. C’est la raison pour laquelle, en lisant le Coran, les musulmans ont l’impression (fausse) qu’il s’agit d’une « révélation » tout à fait inédite, descendue inopinément du ciel par le biais de l’archange Gabriel. Les versets « reçus  » par Mahomet leur semblent donc « originaux et originels », donnés directement en langue arabe et non une (mauvaise) traduction de l’hébreu ou du grec (voir Sourate XII, 2).

Cette fausse impression est nourrie par le Coran lui-même qui leur présente de banals copiés-collés du Pentateuque, tels que l’histoire de « Joseph en Egypte », comme étant une nouvelle et exceptionnelle révélation divine, « inconnue précédemment » (voir sourate XII, verset 102).Cette compilation infantile du récit biblique de Joseph ne faisait d’ailleurs aucun effet sur les habitants de la Mecque, rompus aux efforts de prosélytisme faits par les rabbins et les prêtres. Tout au long du Coran, ils traitent Mahomet d’imposteur. Sachant pertinemment qu’il est illettré, ils le « mettent en boite » en persiflant : « ça va Mahomet ! Ces histoires, on les connait ! Cesse de nous bassiner et de nous ressortir le tissu de fables que tu a entendues en vrac chez les juifs et les chrétiens ! » (voir par exemple, Sourate VIII, 31)

Craignant d’ailleurs d’être accusé de plagiat et de répéter bêtement ce que lui a enseigné un rabbin (à partir de l’hébreu) ou un prêtre (à partir du grec), Mahomet s’empresse de parer à l’accusation (Sourate XVI, verset 103) :

وَلَقَدْ نَعْلَمُ أَنَّهُمْ يَقُولُونَإِنَّمَا يُعَلِّمُهُ بَشَرٌ لِسَانُ الَّذِي يُلْحِدُونَ إِلَيْهِ أَعْجَمِيٌّوَهَذَا لِسَانٌ عَرَبِيٌّ مُبِينٌ
et nous savons parfaitement qu’ils disent que quelqu’un l’enseigne, or la langue à laquelle ils font allusion est étrangère, tandis que celle-ci est une langue arabe compréhensible.

La flatterie faite aux arabophones mecquois rétifs, en leur présentant une révélation venue du ciel directement en arabe, ne fait pas plus d’effet à ces derniers. Ils ne démordent pas de leur polythéisme et de leurs railleries à l’encontre de Mahomet qui, rageur, se lance en imprécations contre les « Arabes » (Sourate IX, 97) :

الْأَعْرَابُ أَشَدُّ كُفْرًا وَنِفَاقًاوَأَجْدَرُ أَلَّا يَعْلَمُوا حُدُودَ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهِ
les arabes sont les plus endurcis dans leur impiété et dans leur hypocrisie, et les plus enclins à réfuter les préceptes descendus par Allah à son envoyé…

Afin de démasquer la prétendue « révélation en langue arabe faite par l’ange Gabriel à Mohammad », il suffirait donc de relever dans le Coran tous les mots, les expressions, les tournures de phrases et les noms qui ne sont pas en langue arabe, mais retranscrits à partir de l’hébreu, de l’araméen, ou du grec. Et ceux-ci font pléthore.

Nous nous contenterons de quelques exemples d’hébraïsmes qui mettent sérieusement en doute les connaissances en langue arabe de l’ange Gabriel.

Les voici :

  1. La géhenne (= l’enfer, en arabeجَهَنَّمُ   ). Ce mot est à l’origine une expression hébreu biblique qui ne veut absolument pas dire « enfer » ! Cette expression est composée en fait de deux termes –  d’un nom commun et d’un nom propre – : « gaï ben Hinnom ». Elle signifie littéralement « vallée du fils de Hinnom ». Le prophète Jérémie accusait des Hébreux idolâtres de se livrer, dans cette vallée en contrebas de Jérusalem, à un culte abominable. Ce culte, toujours d’après Jérémie, consistait à « faire passer des enfants par le feu ». Cette description de sacrifices d’enfants destinés au dieu Molekh (= le Roi des Cieux en hébreu,  et qui a donné en français chez Flaubert la statue incandescente du « Moloch ») a été déterminante dans l’imagerie populaire qui associe le feu à l’enfer. Ce n’est qu’à partir de la littérature talmudique que le nom composé « gaï ben Hinnom » a été contracté en un seul mot : « gehinnom » (et de là le « gehenem » du Coran). Mais depuis quand l’Ange Gabriel se prête t-il aux fantaisies linguistiques du Talmud ?
  1. Satan (= le Diable, en arabe الشَّيْطَانِ ). Ce mot vient d’une racine verbale hébraïque tri-consonantique : STN. Elle signifie : faire tomber, placer une embuche sur le chemin, et par extension ce verbe est devenu un nom commun « satan » : le fauteur. Cette racine étant inexistante en langue arabe, il est étrange que l’Ange Gabriel – donc Allah – en fasse usage à l’intention d’arabophones qui ne peuvent la comprendre sans avoir lu la Bible auparavant.
  1. Le nom Jésus vient de l’hébreu yeshoua’  ישועet signifie « sauvé ». Or il est écrit dans le Coran ‘issa عِيسَىcomme s’il s’était agi de Esaü (en hébreu ‘Esaw = façonné), le frère de Jacob selon la Bible. Comment expliquer cette transcription confuse de l’hébreu à l’arabe ? La réponse est simple : à l’époque de Mahomet, les rabbins utilisaient entre eux un nom de code pour désigner Jésus et par extension le christianisme : « Edom ». Or Edom signifie « roux » en hébreu. Et comme la Rome chrétienne était symbolisée chez les rabbins par la couleur pourpre et que Esaü – l’ancêtre éponyme du royaume d’Edom voisin du royaume de Judée, était lui-même roux, alors Jésus – le fondateur du christianisme – fut affublé par les rabbins du nom de « Esaü le rouquin ». L’Ange Gabriel donnait-il son aval à ce facétieux code rabbinique jusqu’à le réemployer dans le « Coran révélé à Mahomet » ?!!! Ou n’est-ce pas plutôt Mahomet qui, ayant entendu ce nom de la bouche du rabbin chez qui il étudiait (oralement) le Pentateuque, l’a répété et l’a transcrit tel quel dans son Coran!
  1. Le nom du prophète Jonas vient également de l’hébreu « yona » (יונה). Il signifie « pigeon », « colombe », « tourterelle ». Mais transcrit en langue grecque – friande de terminaisons en S -, cela donna « Yonas ». Or Jonas n’est pas transcrit dans le Coran à partir de l’originel hébreu Yona, mais du grec Yonas : يُونُسَ  (younous). Pourquoi l’Ange Gabriel a-t-il privilégié la forme grecque (avec un S) d’un nom hébreu transposé en arabe, alors que l’arabe est beaucoup plus proche de l’hébreu que du grec ? Serait-ce que l’Ange Gabriel soit un Grec ? Ou que ce soit cette fois-ci, non pas un rabbin hébraïsant, mais un prêtre grécisant qui ait enseigné Mahomet ??!
  1. Le Coran ne sait pas écrire correctement le nom d’Ismaël. Et pourtant la figure d’Ismaël y a une très grande importance, en tant que fils d’Abraham et celui qui a « érigé les fondements du Sanctuaire » (voir Sourate II, verset 121).  Ce nom vient de l’hébreu Ishma’ël (ישמעאל). C’est un nom composé du verbe entendre  décliné à la troisième personne – Ishma’ – et qui signifie donc « il entendra », et du théophore El (= Dieu). Or le Coran le transcrit en arabe  de manière farfelue Ismâ’il (إِسْمَاعِيلَ) forme qui n’a absolument aucune signification dans cette langue puisque « il entendra » se dit isma’ avec la lettre gutturale ‘ain et non ismâ avec un alif. De plus, Dieu se dit « Allah » ou à la rigueur Ilaha et non « ‘Il »ou « El » comme en hébreu. Et de toute manière, il aurait fallu écrire Ismaël en arabe de la manière suivante : إِسْمَعِ ئِيلَ et non pas إِسْمَاعِيلَ. L’Ange Gabriel serait-il devenu ignare au contact de Mahomet ???
  1. Dans presque tout le Coran en arabe, la mer se dit « el bahr » الْبَحْرَ. Et puis tout à coup, dans la sourate 20, verset 97, on trouve la forme « el yam » الْيَمّ. Or « yam » pour « mer » est du pur hébreu et ne veut rien dire en arabe ! Rappelons entre parenthèses, que le contexte de cette sourate coranique est l’histoire de Moïse et la traversée de la Mer des Joncs par les Fils d’Israël fuyant le Pharaon d’Egypte. Et jusqu’aujourd’hui, le terme « yam » pour mer, est le seul en usage en hébreu moderne. On peut même trouver en Israël une ville, non loin de Tel Aviv, qui s’appelle « Bat Yam » (= Fille de la Mer). Que peut bien faire ce terme spécifiquement hébraïque dans un Coran arabe ? Et quel atavisme hébreu a bien pu troubler l’Ange Gabriel dans sa volonté de faire descendre du ciel un Coran « rédigé en arabe clair et pur » ???

Nous aurions pu poursuivre nos exemples à l’infini si nous ne craignions d’être fastidieux. Mais une chose est certaine. Même pour un « fidèle » musulman, c’est véritablement absurde de croire que ce soit l’Ange Gabriel qui ait fait descendre le Coran du ciel, en langue arabe. A moins de supposer que le célèbre Archange soit un ignare, ou un facétieux, ou… un Hébreu ! Et les musulmans auront tout intérêt à lire le Pentateuque et les Evangiles pour s’en apercevoir.

Quant à tenter de découvrir l’identité du véritable rédacteur du Coran, ou plutôt de celui qui a inspiré Mahomet (en réalité, son scribe),  nous nous y attacherons dans un prochain article intitulé : Qui a écrit le Coran ?

Source: Qui a rédigé le Coran ?

La lecture du Coran (« el qoran »[i]en arabe, mot qui peut signifier aussi bien « l’appel » que « la lecture ») laisse perplexe. Qui a bien pu « pondre » cette mixture imbuvable qui rassemble dans un fatras épouvantable des passages du Pentateuque, du Livre de Josué, des Psaumes, des Evangiles, des bribes d’hagiographes bibliques, des réminiscences de littérature talmudique, et enfin des ersatz de traditions « arabes » préislamiques revisitées et réinterprétées ?

Le volet précédent de cet article s’était attaché à découvrir les nombreux hébraïsmes du Coran et les erreurs dans la retranscription de noms, de mots et d’expressions bibliques. Les experts en araméen (« syriaque ») y ont trouvé également un vocabulaire étendu et une syntaxe qui sont indubitablement en langue araméenne, au point de conclure qu’il s’agit d’une langue composite, artificielle et spécifique au Coran.

Qui est donc le « responsable » de ce syncrétisme rétrograde qui a pris du judaïsme et du christianisme ce que ces deux religions ont de pire – comme si elles étaient deux mamelles empoisonnées qui ont allaité la religion musulmane -, et délaissé le meilleur ?

A la fin du VIème-début du VIIème siècle après J-.C., le judaïsme et le christianisme étaient solidement implantés dans la péninsule du Hedjaz. Les rabbins et les prêtres s’affrontaient dans d’interminables joutes théologiques sous les yeux amusés et le regard ébaubi des autochtones arabes polythéistes. Certains de ces arabes polythéistes, plus curieux que d’autres, venaient assister aux enseignements que rabbins et prêtres octroyaient, dans un but incontestable de prosélytisme.

Les rabbins cependant, plutôt qu’une conversion pure et dure au judaïsme, privilégiaient une adhésion à ce qu’ils nommaient « la communauté des craignant-Dieu ».

Il était exigé de ces « craignant-Dieu », une pratique religieuse allant – selon leur stade de progression dans le judaïsme-, du minimum (comme le respect aux 7 commandements dits « noachides »), jusqu’à un stade très avancé de respect des lois de la Torah juste avant la conversion finale, en passant par le stade intermédiaire de « mityahed », c’est-à-dire de « judaïsant ».

Il se pourrait fort bien que Mahomet se soit trouvé parmi ces « judaïsants » écoutant, avec un sérieux vertigineux, l’enseignement d’un de ces gourous-rabbins. Mais son éclectisme religieux ne le poussa t-il pas aussi à aller écouter les prêches et sermons de prêtres ? Ces deux influences sont en effet patentes dans le Coran. Pourtant, il y a dans le Coran trop de déviations, de dissidences, de contradictions, de divergences, d’anachronismes (pour ne pas dire de bourdes et d’erreurs, voire d’absurdités et de non-sens qui y pullulent, mais qui pourraient tout aussi bien être attribuées à un scribe étourdi ou malentendant) par rapport au Pentateuque ou aux Evangiles.

Or, Mahomet – d’après son propre témoignage dans le Coran – ( mais faut-il le prendre pour argent comptant ou n’est-ce qu’un artifice de propagande ?), était un illettré. Illettré certes, mais doué d’une excellente mémoire. Après ses « cours », il allait réciter tout ce qu’il avait perçu à un scribe qui, au fur et à mesure, « couchait à l’écrit » ce que Mohammad lui retransmettait oralement.

Ce qui a poussé beaucoup d’historiens  et d’exégètes à développer la thèse, justement à cause de ce syncrétisme judéo-chrétien dissident et déviant, que le « maître à penser » de Mahomet ne pouvait pas être un rabbin orthodoxe ou un prêtre catholique. Il appartenait soit à une secte judaïco-christique, soit à une secte chrétienne judaïsante, soit même à une secte hétérodoxe – voire hérétique -, ex-judaïque ou ex-christique.

Cette thèse semble cohérente, mais elle fait fi de certaines considérations et reste encore à prouver. Toutefois, et en admettant qu’elle soit établie, la question demeure de savoir de quelle secte judaïco-christique ou de quelle secte chrétienne judaïsante, ou encore de quelle secte hétérodoxe-hérétique ex-judaïque et ex-christique,  s’agit-il ? Et plus concrètement,  qui est ce rabbin dissident ou ce prêtre hérétique qui a distillé son enseignement à Mohammad ? Et enfin, qui est ce scribe qui a trempé sa plume pour rédiger le Coran, à partir de « comptes-rendus » oraux de Mohammad ?

Avant de s’aventurer à une hypothétique réponse, faisons un bref relevé de ces sectes, dans la péninsule arabique de l’époque, relevant du judaïsme et du christianisme hétérodoxes.

Dans le judaïsme : une secte pharisienne messianique ésotérique et dissidente (de « la maison de Shamaï », le fameux sage qui polémiquait avec Hillel l’ancien ?), des débris du courant sadducéen, des rescapés d’un groupe d’esséniens, des excommuniés de la communauté samaritaine, et une faction de proto-qaraïtes descendants peut-être d’anciens zélotes (judéens et iduméens).

Dans le christianisme : une secte marcionite, une monophysite, une nestorienne, une gnostique sacralisant un Evangile apocryphe ou non canonique, une nazoréenne, et enfin une secte ébionite.

Il y en avait certainement d’autres appartenant au pourtour judaïque et christique, mais leur « credo », leur théologie, leurs croyances et leurs pratiques religieuses ne différaient sensiblement pas de la douzaine de courants et sectes énumérés plus haut et se rattachant à la sphère judaïque et christique.

Procédons par élimination.

–        Il est impossible qu’un pharisien, dissident ou pas, ait enseigné Mohammad. Aucun pharisien n’aurait pu ordonner qu’on coupe la main pour le vol d’un pain ! Cela contredit totalement non seulement le Pentateuque qui oblige le voleur à rembourser quatre fois le prix de son vol, mais également l’exégèse pharisienne fondamentale de permettre en toutes choses une réparation pécuniaire.

–        Ce maître à penser de Mohammad ne pouvait être un sadducéen. Les sadducéens s’opposaient farouchement à la croyance au monde futur et à la résurrection des morts. Or ces deux points sont centraux dans le Coran.

–        Il n’était pas non plus essénien. Le calendrier essénien était fondamentalement solaire et le calendrier coranique est exclusivement lunaire.

–        Il était encore moins un samaritain, pour qui non pas Jérusalem, mais le Mont Garizim (surplombant Sichem) était le « Sanctuaire de Yahweh ». Le Coran a les samaritains en horreur.

–        Ni non plus un proto-qaraïte descendant des anciens factieux zélotes. D’un point de vue théologique, ceux-ci rejetaient le Talmud, or le Coran reprend des traditions talmudiques. Et d’un point de vue politique, ils étaient des ultras patriotes, des « endeuillés de Sion ». Or Jérusalem n’est même pas mentionné dans le Coran. Quant au patriotisme juif, Mohammad n’en a cure.

En conclusion, le « maître à penser » de Mahomet n’était pas un Hébreu (judéen, samaritain, ou galiléen).

Et concernant la sphère christique, l’élimination par impossibilité est à peu près du même type :

–        Un marcionite rejetterait le Pentateuque. Le Coran le vénère.

–        Un monophysite voit en Jésus son « unique nature incarnée dans le verbe de Dieu ». Le Coran reconnaît certes en Jésus « le prophète du Jugement dernier », mais Jésus n’est qu’un humain comme les autres prophètes (nonobstant sa naissance virginale).

–        Un nestorien se réclame d’une doctrine professant que deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, coexistaient en Jésus. Le Coran rejette également cette doctrine.

–        Un gnostique aurait fait peu de cas des interdits culinaires de la Torah. Le Coran est très méticuleux sur ce point.

–        Un nazoréen aurait été offusqué si un de ses disciples avait dit que Jésus n’avait pas été crucifié et que c’est un autre qui l’a été à sa place. Le Coran l’affirme allégrement

–        Un ébionite aurait enseigné  de ne transgresser aucun « yota » de la Torah, de ne rien y ajouter et de ne rien y retrancher car tout le Pentateuque et les commandements de la Torah témoignent de la messianité de « Jésus le Sauveur d’Israël ». Le rédacteur du Coran ajoute et retranche, biffe et modifie les lois de la Torah, sans même sourciller.

Seconde conclusion : Le maître à penser de Mahomet n’était pas un prêtre ou un moine (défroqué ou pas).

Mais cette élimination ne nous dit toujours pas qui était le « maître à penser » de Mahomet et encore moins le scribe ou le rédacteur du Coran.

Ce n’est que dans la « Sîrah », c’est-à-dire la biographie de Mahomet et le compte-rendu détaillé de ses faits et gestes, que nous pourrions trouver les indices qui manquent et qui seraient susceptibles de nous révéler l’identité de ce « maître à penser » de Mahomet, et par la même occasion, le nom de son scribe et rédacteur du Coran.

Cette compilation nous parle d’un certain Waraqa ibn Nawfal, le cousin de Khadija, la première épouse de Mahomet. Selon différentes sources et études, ce Waraqa aurait été tout d’abord un « craignant-Dieu », puis un « judaïsant » et ensuite un « christianisant ».

Et c’est par l’intermédiaire et l’enseignement de ce « maître à penser » (qui a lui-même mal intégré ce que des juifs et des chrétiens, appartenant à des courants marginaux et hétérodoxes, lui ont enseigné), que le Coran est « descendu du ciel ».

Il y a néanmoins une faille dans cette thèse : Waraqa ibn Nawfal  serait d’origine qurayshite donc « arabe ». Or le Coran (du moins dans ses premiers versets dits « mecquois ») a une haine incandescente des arabes (tant qu’ils étaient polythéistes). Par exemple (9. 97) :

الْأَعْرَابُ أَشَدُّ كُفْرًا وَنِفَاقًا وَأَجْدَرُ أَلَّا يَعْلَمُوا حُدُودَ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَى رَسُولِهٌِ
les arabes sont les plus endurcis parmi les mécréants et les hérétiques, et les plus enclins à ne pas étudier les préceptes qu’a fait descendre (du ciel)  allah sur son envoyé.

De plus, le Coran fait par trop usage de mots hébreux et araméens, à la place de termes arabes. Il est également parsemé de graves erreurs d’orthographe et de syntaxe. Ce qui laisse planer des doutes sur l’origine « arabe » de Waraqa et a entraîné des historiens à le considérer comme d’origine aramo-syrienne, voire nabatéenne.

La question reste en suspens, mais d’un point de vue psychologique, la balance penche plutôt sur l’origine arabe.

Car cette « haine de soi » de Waraqa (et donc de Mahomet) n’est-elle pas un comportement banal, de la même veine et du même syndrome qui atteint tout « converti » et « prosélyte » ?

Après sa conversion à l’islam, un néophyte français de souche ne devient-il pas immanquablement haineux envers ses origines françaises et sa famille restée chrétienne ? Cela est aussi valable, dans la plupart des cas, pour un converti au judaïsme d’ailleurs.

Dans le cas d’un « nouveau musulman » – plutôt dénué de solide culture française et s’exprimant dans un langage peu châtié -, ne se met-il pas soudain à baragouiner en arabe avec ses « potes » de banlieue ? Ou à lancer à tout bout de champ à la face de ses parents « chrétiens mécréants », des expressions en langue arabe coranique afin de mieux leur étaler son « intransigeante foi musulmane » ?

Cela n’a-t-il pas été également le syndrome de Waraqa et de Mahomet, le disciple qui en fin de compte a éclipsé son « maître », lorsqu’ils se gargarisaient de mots et d’expressions hébraïques et araméennes devant des locuteurs arabes qui les écoutaient bouche-bée ?!

 David BELHASSEN [i]L’arabe, tout comme l’hébreu, ne possède pas de lettres majuscules et nous nous sommes efforcés de le  retranscrire tel quel.

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