L’islam et le terrorisme

Les responsables des pays occidentaux craignent que la lutte contre le terrorisme se transforme en un conflit inter-religieux entre communautés musulmanes et non-musulmans. Ils ont raison en cela, pour deux raisons principales:


– La responsabilité individuelle. C’est un principe fondamental en droit: toute personne est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire. On n’a pas le droit de mettre dans le même panier un terroriste musulman et le simple musulman, présumé innocent … même si ce dernier est un frère du terroriste. Le Coran exprime ce principe dans une fameuse locution, «personne n’est responsable des fautes d’autrui», qu’on retrouve dans cinq versets.
– Les conflits inter-religieux sont contre-productifs, divisent la société et compliquent la situation.

Pour illustrer cela, nous pouvons dire que pour traiter un patient atteint d’une maladie infectieuse, il est exclu d’hospitaliser tous les habitants de sa ville. Une telle procédure peut conduire à l’infection de toute la population, sans parler de son coût.

Cette logique simple doit être complétée par un diagnostic précis de la maladie, afin d’éviter toute négligence ou exagération dans le traitement. Si vous diagnostiquez un mal de tête comme étant une peste, vous serez amené à recourir à un traitement coûteux et inutile. Au contraire, si vous diagnostiquez une peste comme étant un mal de tête, et vous donnez une aspirine au patient, cette erreur de diagnostic mènera à la mort de ce dernier et à la propagation de la peste. Et le diagnostic des maladies pose un problème actuellement aux autorités sanitaires allemandes, avec l’afflux de réfugiés atteints de maladies disparues en Allemagne depuis longtemps, et donc difficile à diagnostiquer et à traiter.

Bien que des responsables occidentaux aient plus ou moins réussi à respecter le principe de la responsabilité individuelle dans le domaine du terrorisme, ils ont en revanche échoué au niveau du diagnostic, des causes du terrorisme. Et sans préciser ses causes, on ne saurait l’éliminer.

Dans leurs déclarations, ces responsables ne cessent de répéter que le terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam. Une phrase omniprésente sur les lèvres de musulmans comme de non-musulmans. Lors du sommet du Groupe des vingt en Turquie, le président turc Erdogan a martelé que “le terrorisme n’a ni religion, ni nation, ni race, ni patrie, et les mouvements terroristes ne représentent pas l’Islam”. La déclaration finale dudit sommet souligne que “le terrorisme ne peut et ne doit pas être assimilé avec une religion, nationalité, civilisation ou groupes ethniques”. Après les attentats de Paris, des organismes musulmans français ont déclaré haut et fort que ce qui est arrivé n’a rien à voir avec l’islam.

Toute généralisation est excessive. Il est faux de dire que l’Islam est responsable de ce qui est arrivé à Paris, ou de ce qui se passe en Irak, en Syrie, en Libye, en Égypte, en Afghanistan, en Somalie et au Pakistan. Mais il est tout aussi faux de dire que l’islam n’a rien à voir avec ce qui se passe. Les attentats de Paris le prouvent clairement. Les terroristes ont déclaré sans équivoque qu’ils sont musulmans et qu’ils ont agi au nom de l’islam. Ceci est clair aussi dans le communiqué officiel publié par Daesh revendiquant la paternité de ces attentats. Vous trouvez ici le texte arabe http://goo.gl/pFSkFb dont je vous donne la traduction française http://goo.gl/c4VfPs

daesh

D’autre part, les informations diffusées en Occident affirment que les terroristes belges et français se sont radicalisés à la suite de la fréquentation de mosquées salafistes. Pour cette raison, les autorités françaises ont décidé de fermer les mosquées salafistes. Ces mosquées certainement n’enseignent pas le christianisme, le judaïsme et le bouddhisme, mais bel et bien l’islam. Les autorités françaises ont procédé à l’expulsion d’imams qui prêchent la haine. Et ici aussi ces imams ne prêchent pas le christianisme, le judaïsme et le bouddhisme, mais bel et bien l’islam.

Si tel est le cas, il est faux de dire que l’islam n’a rien à voir avec ce qui se passe en Syrie, en Irak, en Libye, en Egypte, en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs. Alors, où est le problème? Une réponse claire à cette question est la seule façon de prendre des mesures efficaces contre la terreur que nous rencontrons dans les pays arabes, islamiques et occidentales.

L’amalgame actuel entre les musulmans, l’Islam, le terrorisme, et les positions confuses des responsables occidentaux découlent en fait du caractère confus du Coran lui-même, la non-distinction entre le Coran de La Mecque et le Coran à Médine, et la non-distinction entre l’islam de la Mecque et l’islam de Médine.

Dire que l’islam n’a rien à voir avec le terrorisme:
Ceci est correct, si nous parlons du Coran et de l’islam de La Mecque.
Mais ceci est faux, si on parle du Coran et de l’islam de Médine.
Nous nous trouvons en fait en face de deux Corans totalement différents, et de deux Islams diamétralement opposés. Ceci est démontré par la biographie du Prophète Mahomet, le contenu du Coran de La Mecque et le contenu du Coran de Médine … Mais malheureusement ces deux Corans sont été publié en un seul texte ne respectant pas l’ordre chronologique, sans distinction entre les deux Corans. Par conséquent, nous passons d’un verset pacifique, à un verset violent, et d’un verset violent à un verset pacifique, sans arrêt.

Que faire alors?

– Les pays occidentaux doivent interdire l’entrée et la distribution du Coran sur son territoire sous sa forme actuelle, qui mélange le Coran de la Mecque et le Coran de Médine, ceci tant dans le texte original arabe que dans les traductions.
– Ils doivent imposer la publication du Coran dans l’ordre chronologique sur leur territoire.
– Placer un avertissement sur le Coran de Médine indiquant qu’il viole les droits de l’homme, incite à la violence, à la haine et la discrimination entre les hommes et les femmes, et entre les musulmans et les non-musulmans, dicte des sanctions cruelles et prévoit le pillage et l’enlèvement des femmes.
– Signaler publiquement les enseignements islamiques qui constituent une violation des droits humains et des lois du pays d’accueil, et en informer tous les musulmans.
– Ne pas accorder le droit de séjour ou la nationalité à ceux qui refusent de respecter les droits de l’homme et les lois de l’État.
– Confisquer tous les enregistrements et publications à caractère religieux qui comportent des violations des droits de l’homme et des lois de l’État.
– Former des imams dans les pays occidentaux, en insistant sur le respect des droits humains et des lois de l’État, interdire l’entrée de tout imam prônant la violation de ces droits et lois, et expulser tous les imams étrangers.
– Ferme toutes les mosquées qui ne s’engagent pas à respecter les droits de l’homme et les lois de l’État.
– Imposer les prêches dans les langues locales, enregistrer tous ces prêches, les soumettre au contrôle de l’État et sanctionner tout prédicateur qui viole les droits humains et les lois de l’État.

En bref, il faut un retour au Coran et à l’Islam de La Mecque, et le rejet du Coran et de l’Islam de Médine, comme l’avait proposé le regretté Mahmoud Mohamed Taha, Dieu ait son âme, qui a été pendu à la demande d’Al-Azhar.


Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et auteur de nombreux ouvrages
www.sami-aldeeb.com
www.blog.sami-aldeeb.com

Version originale arabe de cet article

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