Changer le comportement des musulmans en changeant l’ordre du Coran

Dans un précédent article, j’ai écrit ce qui suit:

Pour changer le comportement des musulmans sans armes, il suffit de leur faire lire le Coran dans l’ordre chronologique, comme dans mon édition arabe et mes traductions française et anglaise du Coran

Certains m’ont demandé des clarifications. Les voici:

Dans chaque foyer musulman il y a un Coran.

Le Coran est le fondement idéologique des musulmans.

Même Daesh ne commet aucun acte criminel sans chercher dans le Coran des preuves pour se légitimer.

Ceux qui prétendent que Daesh ne représente pas l’islam, mentent. Daesh ne fait qu’appliquer ce qui est enseigné par Al-Azhar dans ses écoles, ses facultés et ses mosquées sur l’ensemble du territoire égyptien. Et cela veut aussi pour les instituts, les facultés et les mosquées du monde tant sunnite que chiite.

Si nous ouvrons le traité de droit comparé d’Ibn-Rushd (Averroès), que certains considèrent comme un philosophe éclairé, nous voyons que Daesh ne dévie pas d’un iota de ce qu’il contient comme enseignement. Cet ouvrage peut être consulté et téléchargé gratuitement en arabe à partir de ce lien https://goo.gl/apXX8e, et en anglais à partir de ce lien https://goo.gl/g3pRZO.

Ceux qui refusent l’accusation selon laquelle Daesh représente l’Islam s’appuient sur les versets mecquois.

Versets mecquois? Qu’est-ce- c’est que ça?

Le Coran contient 114 chapitres couvrant deux périodes entièrement différentes:

1) La période mecquoise, qui s’étend de 610 à 622, couvre 86 chapitres plus ou moins pacifiques du Coran. Pendant cette période, Mahomet était un simple commerçant et prédicateur.

2) La période médinoise, qui s’étend de 622 à 632, couvre 28 chapitres. Pendant cette période, Mahomet devient chef d’État. Ces chapitres sont violents et discriminatoires contre les femmes et les non-musulmans, comportant des normes contraires aux droits de l’homme, prévoient l’asservissement des femmes, les razzias, les sanctions cruelles et le combat contre les polythéistes. Ceux-ci n’ont que le choix entre l’islam et l’épée (chapitre 9, verset 5). Quant aux Gens du Livre, ils ont le choix entre l’islam, le paiement du tribut en état de mépris (selon les termes du Coran) ou l’épée (chapitre 9, verset 29). Ceci implique l’asservissement des femmes et des enfants et la mise à mort des hommes.

Daesh n’applique pas le Coran mecquois, mais le Coran médinois, qui abroge le premier, car il a été révélé ultérieurement. Et Al-Azhar enseigne non pas le Coran mecquois, mais le Coran médinois. En effet, l’islam est suivi tel qu’il a abouti, et non pas tel qu’il a commencé.

C’est la raison pour laquelle le regretté Mahmoud Muhammad Taha a plaidé pour l’adoption du Coran mecquois pacifique, et l’abandon du Coran médinois discriminatoire et violent. Évidemment, cette proposition n’a pas plu à Al-Azhar, car elle se limite au Coran mecquois. Al-Azhar a alors émis une fatwa considérant Mahmoud Muhammad Taha comme apostat et incita le Soudan à le pendre en 1985.

Le grand problème avec le Coran est que ses 114 chapitres ne sont pas classés selon l’ordre chronologique, mais plus ou moins selon leur longueur. Pour cette raison, le musulman passe d’un verset mecquois pacifique à une verset médinois violent et discriminatoire, et vice-versa, sans connaître le pourquoi de ces contradictions entre les versets mecquois et les versets médinois.

Cette confusion des chapitres du Coran a conduit à la confusion de l’esprit du musulman qui est tantôt pacifique et tantôt violent, passant d’un état à l’autre en se basant sur les versets qui lui conviennent, selon son humeur, tous ces versets étant considérés comme parole divine, qu’ils soient pacifiques ou violents. Il puise ainsi dans le Coran ce qui l’arrange pour justifier ses agissements.

Si le musulman se trouve en face de quelqu’un qui accuse l’islam d’être une religion violente, il invoque les versets mecquois pour prouver que l’islam est pacifique.

Et si ce musulman se trouve en face de personnes qui veulent le renouvellement de la pensée islamique et plaident pour la liberté religieuse et l’égalité, comme c’est le cas de Mahmoud Muhammad Taha, de Faraj Foda, de Nasr Abu-Zayd, d’Islam Al-Buhayri, d’Al-Qimni, du cheikh Muhammad Abdallah Nasr, il invoque les versets médinois et les condamne comme apostats méritant la peine de mort.

Pour mettre fin à cette terrible contradiction entre ces positions et ce qui en suit comme assassinats, violences et destructions, il faut réorganiser le Coran selon l’ordre chronologique pour que le musulman puisse voir la grande différence entre le Coran mecquois et le Coran médinois.

Ceci est la première étape qui permettra au musulman moyen de retrouver son bon sens et de se débarrasser du charlatanisme et des mensonges du clergé musulman (voire non musulman). Si nous remettons le Coran dans l’ordre chronologique, cela aidera le musulman à voir de façon claire la raison pour laquelle le Coran passe d’un texte pacifique pendant la période mecquoise à un texte violent et contraire aux droits de l’homme pendant la période médinoise.

La deuxième étape consiste à décider d’écarter le Coran médinois de l’enseignement dans les écoles, les universités et les mosquées, en expliquant que le Coran médinois est contraire aux droits de l’homme et doit être laissé de côté, comme l’avait suggéré le regretté Mahmoud Muhammad Taha. Ceci doit être fait non seulement dans les pays arabes et musulmans, mais aussi dans le monde entier. Il sera alors nécessaire de retirer les exemplaires du Coran des librairies, des écoles, des universités et des mosquées et de les remplacer par des exemplaires du Coran dans l’ordre chronologique comportant à son début un avertissement précisant que le Coran médinois est contraire aux droits de l’homme et à la constitution, parce qu’il appartient au VIIe siècle, régi par la loi du plus fort, laquelle n’est plus valable pour notre temps et contraire aux conventions internationales.

En application de cette idée, j’ai publié le Coran en arabe et et je l’ai traduit en français et en anglais,  selon l’ordre chronologique tel qu’admis par les musulmans.

Et au début du Coran, j’ai placé l’avertissement suivant:

Comme les autres Livres sacrés, le Coran comporte directement, ou indirectement par le biais de la sunnah de Mahomet que les musulmans doivent suivre, des normes contraires aux droits de l’homme reconnus aujourd’hui dans les documents internationaux. Nous invitons donc les lecteurs à le lire avec un esprit critique et à le placer dans son contexte historique, à savoir le VIIe siècle. Parmi les normes qui violent les droits de l’homme, qui inspirent les lois des pays arabes et musulmans, et que les mouvements islamistes voudraient appliquer, en tout ou en partie, nous signalons à titre d’exemples:

– L’inégalité entre les hommes et les femmes dans le mariage, le divorce, l’héritage, le témoignage, les sanctions et l’emploi, le mariage de filles impubères, et la circoncision masculine et féminine pratiquée sur des enfants.

– L’inégalité entre musulmans et non-musulmans dans le mariage, le divorce, l’héritage, le témoignage, les sanctions et l’emploi.

– La non-reconnaissance de la liberté religieuse, en particulier la liberté de changer de religion.

– L’exhortation à combattre les non-musulmans, à occuper leurs pays, à imposer aux non-musulmans le paiement d’un tribut (jizya) et à tuer ceux qui ne suivent pas les religions monothéistes.

– L’esclavage, la capture des ennemis et l’appropriation de leurs femmes.

– Les sanctions cruelles comme la mise à mort de l’apostat (qui abandonne l’islam), la lapidation de l’adultère, l’amputation des mains du voleur, la crucifixion, la flagellation et la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent).

– La destruction des statues, des peintures et des instruments de musique, et l’interdiction des arts.

– La maltraitance envers les animaux et le meurtre des chiens de compagnie.

Il suffit aux pays arabes, musulmans et occidentaux de reprendre mon édition arabe et mes traductions du Coran selon l’ordre chronologique et de confisquer les autres exemplaires du Coran.

Dr Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et en anglais, et auteur de nombreux ouvrages

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