Erreurs linguistiques du Coran: 8) Répétition, dispersion et redondance (texte et vidéo)

Nous avons mentionné dans un précédent article

http://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=676207

que les erreurs linguistiques dans le Coran sont divisées en 11 catégories. Nous entendons par erreurs linguistiques celles qui ont un lien avec la langue du Coran, contrairement aux erreurs scientifiques, géographiques ou historiques. Nous parlons dans cet article de la huitième catégorie d’erreur linguistique, à savoir la répétition, la dispersion et la redondance.

La lecture des chapitres du Coran nous donne l’impression que nous sommes devant un foutoir décousu, ce qui empêche de le considérer comme un livre. Ce défaut du Coran se retrouvent au niveau du texte dans son ensemble, au niveau des chapitres, et au niveau du verset. La confusion qui caractérise le Coran peut être l’une des raisons de la confusion de l’esprit arabe et islamique. Si quelqu’un suit un guide confus, il devient pareillement confus.

Répétition
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Nous trouvons une répétition ennuyeuse des récits coraniques, avec des détails contradictoires. Le seul récit qui fait exception est celui de Joseph, repris de l’Ancien Testament. Le Coran n’a mentionné le nom de Joseph en dehors de ce chapitre que dans les versets 6: 84 et 40: 34. Chaque récit nécessite la compilation des versets qui en parlent dans les différents chapitres pour être compris. Quiconque s’y intéresse, peut se référer à l’index de mes traductions et de mon édition arabe du Coran et rechercher des versets relatifs aux personnages mentionnés dans le Coran, comme Abraham, Jacob, Moïse, Jésus et d’autres, pour découvrir la répétition du texte coranique. Si nous supprimons les répétitions, nous pouvons nous débarrasser d’un tiers du Coran sans grande perte.

Cette répétition pose le problème de l’organisation des sourates du Coran par ordre chronologique. Comment pouvons-nous organiser les récits répétés? Ces récits ont-ils été révélés à plusieurs reprises, ou une seule fois? La répétition de ces récits est-elle due à l’existence de plusieurs copies du Coran rassemblées par la suite en un seul recueil, sans rien omettre en raison de leur caractère sacré chez leurs adeptes? Ou est-ce le résultat de la longue période de la révélation s’étendant sur 23 ans, Mahomet oubliant ce qu’il avait dit auparavant?

Dispersion des versets normatifs

Le plus grave dans les répétitions du Coran est ce qui se rapporte aux versets normatifs dispersés dans différents chapitres.

Celui qui veut savoir comment le Coran régit l’héritage et le testament, devra, par exemple, naviguer entre plusieurs chapitres: 89: 19; 2: 180-182 et 240; 8: 75; 33: 6; 60: 8-9; 4: 7-9, 11-12, 19, 33 et 176; 5: 106-108.

Et celui qui veut connaître les normes relatives à la retraite que la femme doit observer avant de se remarier, devra aller au verset 2: 228 «Les répudiées attendront  [une période de] trois menstruations.  Il ne leur est pas permis de taire ce que Dieu a créé dans leurs matrices, si elles croient en Dieu et au jour dernier. Leurs maris sont plus en droit de les ramener pendant cela, s’ils veulent la réconciliation.  Elles ont [sur les hommes] ce que [les hommes ont] sur elles, selon les convenances. Les hommes ont toutefois un degré sur elles . ~ Dieu est fier, sage.». Ce verset est à compléter par le verset 65:4 « Celles de vos femmes qui ont désespéré d’avoir de menstruation, si vous doutez, leur délai d’attente est de trois mois. Et celles qui n’ont pas eu de menstruation, [leur délai d’attente est aussi de trois mois]. Quant à celles qui portent, leur terme est lorsqu’elles mettent bas leur portée. ~ Quiconque craint Dieu, il lui fait son affaire aisée».

Examinons l’interdiction de manger une charogne qui revient dans quatre versets:

55-6: 145: Dis: «Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit,  à aucun qui se nourrit de s’en nourrir, que la charogne, le sang répandu, la chair de porc, car c’est un opprobre, ou ce qui par perversité a été offert à un autre que Dieu». Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, [nul péché sur lui]. Ton Seigneur est pardonneur, très miséricordieux [envers lui]..

70-16: 115: Il vous a interdit  la charogne,  le sang,  la chair de porc, et ce qui a été offert à un autre que Dieu.  Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, [nul péché sur lui]. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux.

87-2: 173: Il vous a interdit la charogne,  le sang, la chair de porc, et ce qui a été offert à un autre que Dieu. Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, nul péché sur lui. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux.

112-5: 3: Il vous est interdit  [de manger] la charogne, le sang,  la chair de porc, ce qui a été offert à un autre que Dieu, la bête étouffée, assommée, abîmée, encornée et mangée par un fauve, sauf celle que vous immolez, et ce qui a été immolé sur les [pierres] dressées.  [Vous est aussi interdite] la divination par les flèches . Cela est perversité. [Aujourd’hui, ceux qui ont mécru ont désespéré [concernant] votre religion. Ne les redoutez donc pas, mais redoutez-moi. Aujourd’hui, j’ai complété pour vous votre religion, j’ai accompli ma grâce envers vous, et j’ai agréé l’islam comme religion pour vous.] Mais quiconque est forcé par la famine,  sans penchant vers le péché, [nul péché sur lui]. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux

Quel est le rapport entre les différents éléments de ce dernier verset?

Redondance et bavardage الحشو واللغو

En plus de la répétition et de la dispersion, on trouve la redondance et l’usage de mots superflus, appelé en arabe al-laghuu défini par le dictionnaire Lisan al-‘arab: «mots dont on ne tient pas compte et qui sont inutiles”.

La redondance et le bavardage se manifeste particulièrement dans le phénomène appelé tadhyil التذييل , littéralement ajout de queue à la fin de versets destiné à maintenir le rime (saja’). Nous l’avons signalé par le symbole ~. Plus de la moitié des versets du Coran comportent de tels ajouts sans relation directe avec le contenu du verset, malgré le fait que les exégètes ont fait preuve de beaucoup d’imagination pour rattacher ces “queues” au corps du verset, partant de l’idée que Dieu ne pouvait s’amuser à user de tels ajouts sans objectif réel. Ibn Ashour signale 809 fois ce phénomène dans son exégèse.

Je donne à titre d’exemple quatre versets qui se suivent:

H-92/4:55 . Il y en a qui a cru en lui, et il y en a qui a rebuté de lui. ~ La géhenne suffit comme brasier (sa’iran). فَمِنۡهُم مَّنۡ ءَامَنَ بِهِۦ، وَمِنۡهُم مَّن صَدَّ  عَنۡهُ. ~ وَكَفَىٰ بِجَهَنَّمَ سَعِيرًا.
H-92/4:56 . Ceux qui ont mécru à nos signes, nous les rôtirons dans le feu. Chaque fois que leurs peaux se consument, nous les leur échangerons contre d’autres peaux afin qu’ils goûtent le châtiment.  ~ Dieu était fier, sage (hakiman). إِنَّ ٱلَّذِينَ كَفَرُواْ بِ‍َٔايَٰتِنَا، سَوۡفَ نُصۡلِيهِمۡ  نَارٗا. كُلَّمَا نَضِجَتۡ جُلُودُهُم، بَدَّلۡنَٰهُمۡ جُلُودًا غَيۡرَهَا لِيَذُوقُواْ ٱلۡعَذَابَ. ~ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَزِيزًا، حَكِيمٗا.
H-92/4:57 . Ceux qui ont cru et ont fait les bonnes œuvres, nous les ferons entrer dans des jardins sous lesquels courront les rivières, où ils seront éternellement, à jamais. Il y aura pour eux des épouses purifiées. ~ Et nous les ferons entrer sous une ombre ombreuse (dhalilan). وَٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ وَعَمِلُواْ ٱلصَّٰلِحَٰتِ، سَنُدۡخِلُهُمۡ  جَنَّٰتٖ تَجۡرِي مِن تَحۡتِهَا ٱلۡأَنۡهَٰرُ، خَٰلِدِينَ فِيهَآ، أَبَدٗا. لَّهُمۡ فِيهَآ أَزۡوَٰجٞ مُّطَهَّرَةٞ. ~ وَنُدۡخِلُهُمۡ  ظِلّٗا ظَلِيلًا.
H-92/4:58 . Dieu vous ordonne de restituer les dépôts à leurs propriétaires, et lorsque vous jugez parmi les humains, de juger en justice. Comme est excellent ce à quoi Dieu vous exhorte! ~ Dieu était écouteur, clairvoyant (basiran). [—] إِنَّ ٱللَّهَ يَأۡمُرُكُمۡ  أَن تُؤَدُّواْ  ٱلۡأَمَٰنَٰتِ  إِلَىٰٓ أَهۡلِهَ، وَإِذَا حَكَمۡتُم بَيۡنَ ٱلنَّاسِ، أَن تَحۡكُمُواْ بِٱلۡعَدۡلِ ا. إِنَّ ٱللَّهَ نِعِمَّا  يَعِظُكُم بِهِۦٓ! ~ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ سَمِيعَۢا، بَصِيرٗا.

Interpolation الإقحام

La redondance ne s’arrête pas aux ajouts finaux de queue. Il y a ce que les linguistes appellent l’interpolation qui interrompt le discours en juxtaposant des mots qui empêchent le lien entre ses éléments. L’interpolation peut inclure

  • une lettre,
M-73/21:48 . Nous avons donné à Moïse et à Aaron la délivrance,  un éclairage, et un rappel pour ceux qui craignent, وَلَقَدۡ ءَاتَيۡنَا مُوسَىٰ وَهَٰرُونَ ٱلۡفُرۡقَانَ، وَضِيَآءٗ، وَذِكۡرٗا لِّلۡمُتَّقِينَ،

Entre “la délivrance” et “un éclairage”, il y a la préposition “et” qui fausse le sens

  • un verbe
H-98/76:5 . Les bons boivent d’un calice dont le mélange était camphre, إِنَّ ٱلۡأَبۡرَارَ يَشۡرَبُونَ مِن كَأۡسٖ  كَانَ مِزَاجُهَا كَافُورًا ،

Le verbe ” était” est superflu. Il fallait dire “dont le mélange est camphre”:

  • un nom
H-97/55:78 . Béni soit le nom de ton Seigneur, plein de majesté et d’honneur! تَبَٰرَكَ ٱسۡمُ رَبِّكَ ذِي  ٱلۡجَلَٰلِ وَٱلۡإِكۡرَامِ.

Il fallait dire: Béni soit ton Seigneur

Nous avons signalé ces interpolations dans notre ouvrage sous la mention hashuw en s’appuyant notamment sur un livre en arabe de Sindhi: le phénomène d’interpolation dans les structures linguistiques. Cependant, nous avons évité de faire référence aux interpolations du verbe “kan” et de ses dérivés car il est très présent dans le Coran.

Nous donnons ici quelques exemples:

H-50/17:32. N’approchez pas la fornication. C’était une turpitude et mauvaise voie. وَلَا تَقۡرَبُواْ ٱلزِّنَىٰٓ. إِنَّهُۥ كَانَ فَٰحِشَةٗ وَسَآءَ سَبِيلٗا.

 

M-56/37:35. Quand on leur dit: «Il n’est de dieu que Dieu», ils s’enflaient, إِنَّهُمۡ كَانُوٓاْ، إِذَا قِيلَ لَهُمۡ: «لَآ إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّهُ»، يَسۡتَكۡبِرُونَ،

 

M-44/19:29 . Elle fit alors un signe vers lui. Ils dirent: «Comment parlerions-nous à quelqu’un qui était au berceau un enfant?» فَأَشَارَتۡ إِلَيۡهِ. قَالُواْ: «كَيۡفَ نُكَلِّمُ مَن كَانَ فِي ٱلۡمَهۡدِ صَبِيّٗا؟»

 

M-34/50:37 . Il y a là un rappel pour quiconque avait un cœur, ou a écouté en étant témoin. إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَذِكۡرَىٰ لِمَن كَانَ لَهُۥ قَلۡبٌ، أَوۡ أَلۡقَى ٱلسَّمۡعَ  وَهُوَ شَهِيدٞ.

 

M-52/11:15 . Quiconque voulait la vie ici-bas et son ornement, nous leur y acquittons [le salaire de] leurs œuvres, et ils n’y seront pas réduits. مَن كَانَ يُرِيدُ ٱلۡحَيَوٰةَ ٱلدُّنۡيَا وَزِينَتَهَا، نُوَفِّ  إِلَيۡهِمۡ […] أَعۡمَٰلَهُمۡ  فِيهَا، وَهُمۡ فِيهَا لَا يُبۡخَسُونَ.

La répétition, la dispersion et la redondance qui caractérisent le Coran montrent qu’en réalité ce n’est rien d’autre que l’accumulation d’informations progressivement intégrés dans le Coran, donnant lieu à ce que nous connaissons maintenant, comme cela s’est produit avec le livre de Mille et Une Nuits avec une différence significative qui est que la copie du Coran entre nos mains ne peut en aucun cas être considérée comme un livre. Il est plus proche d’un foutoir que du livre.

Cette apparente contradiction entre ce que les musulmans croient et la vérité du Coran montre que la relation des musulmans avec le Coran est une relation de flirt que relation rationnelle


Sami Aldeeb, dr en droit
Directeur du Centre de droit arabe et musulman https://www.sami-aldeeb.com
Traducteur du Coran en français, en anglais et en italien par ordre chronologique
Voir ses écrits: https://www.sami-aldeeb.com/livres-books

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