Erreurs linguistiques du Coran: 9) Lacunes du Coran et théorie de l’omission et de l’estimation الحذف والتقدير (texte et vidéo)

Nous avons mentionné dans un précédent article

http://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=676207

que les erreurs linguistiques dans le Coran sont divisées en 11 catégories. Nous entendons par erreurs linguistiques celles qui ont un lien avec la langue du Coran, contrairement aux erreurs scientifiques, géographiques ou historiques. Nous parlons dans cet article de la neuvième catégorie d’erreur linguistique, à savoir les lacunes du Coran, et théorie de l’omission et de l’estimation الحذف والتقدير.


Nous ne parlerons pas de ce qui a disparu ou a été ajouté au Coran, sujet auquel nous avons consacré un article sous le titre “Altération du Coran”, en nous appuyant sur des sources sunnites et chiites. Voir cet article https://www.sami-aldeeb.com/alteration-du-coran-tahrif-al-quran-texte-et-video/

Ce qui nous importe ici, ce sont les lacunes à l’intérieur des versets du Coran. Ces lacunes peuvent être le résultat d’une compilation défectueuse du texte du Coran, de la détérioration des manuscrits du Coran par l’humidité et les vers, ou à cause de la chèvre d’Aïcha qui aurait mangé une partie du Coran (comme le rapportent des sources musulmanes), d’un défaut de rédaction ou d’une maladie appelée trouble du langage. Les exégètes du Coran se sont heurtés à ce phénomène qui concerne environ un dixième de ses versets et ont développé la théorie de l’omission et de l’estimation الحذف والتقدير, sans le considérer comme une erreur, mais comme une marque de l’éloquence du Coran, de peur pour leur vie s’ils osaient le diagnostiquer avec précision et honnêteté. Ils devraient plutôt l’appelerتعجيز , (mettre en difficulté). Selon cette théorie, des éléments ont été omis dans des verset dont la compréhension nécessite l’ajout de mots, voire des phrases, selon l’estimation de l’exégète, chacun selon sa propre compréhension qui n’est pas forcément partagée par d’autres exégètes. Ce qui donne lieu à des contradictions flagrantes.

Notre travail n’est pas d’inventer quelque chose de nouveau, mais de nommer les choses par leurs noms en fonction des sources islamiques que nous mentionnerons dans cet article.

Un discours doit en principe faire mention des différents éléments qui le rendent compréhensible. Mais il est admis que certains éléments soient omis comme étant sous-entendus ou par concision. On parle alors d’un style laconique souvent utilisé dans les proverbes et les locutions largement usitées. L’ajouts d’éléments considérés comme superflus chargeant le discours peut constituer un défaut stylistique. Une des marques de l’éloquence en langue arabe est la concision. D’où l’expression: “Le meilleur discours est le discours court et concis خير الكلام ما قل ودل “. Les linguistes arabes ont développé toute une théorie autour de ce sujet, couvrant cinq figures rhétoriques: الاقتطاع والاكتفاء والتضمين والاحتباك والاختزال. Nous n’entrerons pas dans les détails ici. Nous donnons un exemple de concision. Le verset 7: 160 dit: Nous avons révélé à Moïse, lorsque ses gens lui demandèrent de les abreuver: “Frappe la pierre avec ton bâton”. [Il l’a frappée] et il en ont jailli alors douze sources”. Nous mettons entre crochets les termes omis.

Si donc on peut admettre des omissions dans un but de brièveté, certaines omissions constituent des erreurs linguistiques lorsque le sens du discours devient ambigu, prêtant à des interprétations contradictoires et conduisant à un malentendu. Or, le Coran comporte un grand nombre de versets laconiques qui sont franchement lacunaires.

Il nous est apparu dans nos trois traductions du Coran, et à un certain nombre d’autres traducteurs, même musulmans, que certains versets sont incomplets, ce qui rend leur compréhension difficile sans l’ajout de mots au texte à la discrétion des commentateurs. Par conséquent, ils ont effectué des ajouts entre crochets [ ] pour clarifier le sens du verset, ou ont mis trois points de suspension ainsi […] sans aucun ajout. Un lecteur musulman qui lit le Coran en arabe passe sur ces versets laconiques sans s’en apercevoir ou sans se poser des questions, car s’il ne comprend pas un verset, il l’attribue à son incapacité et non pas à un défaut du Coran. Quant au traducteur, il doit comprendre le texte coranique afin de présenter au lecteur non arabophone un texte compréhensible dans sa langue, et s’il y a des lacunes il fait usage de ces crochets pour se dédouaner. Puisque le Coran lui-même exige l’usage de la raison: “Ne méditent-ils pas le Coran?” (4:82), nous avons jugé nécessaire, par probité intellectuelle, de placer de tels crochets dans le texte arabe du Coran selon notre compréhension ou celle des autres traducteurs, mais sans aucun ajout afin de ne pas interférer dans le Coran avec des mots qui n’y figurent pas. Nous avons complété le texte arabe dans les marges sur la base de diverses exégèses. Mais nous avons ajouté les éléments manquants dans le verset entre crochets [ ].

Les lacunes du Coran sont complétées par les sunnites et les chiites de façon différentes. Par exemple, le verset 12-94: 7 dit:

M-12/94:7. Quand tu te dégages [de ton travail], dresse-toi [pour prier]. […]فَإِذَا فَرَغۡتَ […]، فَٱنصَبۡ

 

Dans notre traduction, nous avons mis entre crochets les ajouts tels qu’estimés par les exégètes sunnites. Voilà la traduction faite par trois traducteurs musulmans:

Quand tu te libères, donc, lève-toi (Hamidullah); Quand tu termines alors, consacre-toi à l’adoration (Abdelaziz); Quand tu auras des loisirs, recueille-toi (Boubakeur).

Nous avons inclus ces trois traductions dans les notes de notre traduction française pour que le lecteur francophone se rende compte de la difficulté à traduire ce verset. Partant d’une variante, les chiites estiment les éléments manquants comme suit:

Si tu finis ta prophétie, nomme ton successeur.

Ce verset se réfère, d’après les chiites, à la nomination de l’imam ‘Ali comme successeur de Mahomet. Nous avons signalé cette différence entre les sunnites et les chiites dans les notes de notre édition arabe du Coran.

Il y a un phénomène étrange dans le Coran. Beaucoup de ses versets commencent par le mot “إذ” ou “إذ”, ce qui indique des lacunes initiales. Nous donnons ici quelques exemples avec nos ajouts entre crochets:

M-38/38:71. [Rappelle] lorsque ton Seigneur dit aux anges: “Je vais créer de la glaise un humain.  […] إِذۡ قَالَ رَبُّكَ لِلۡمَلَٰٓئِكَةِ: “إِنِّي خَٰلِقُۢ بَشَرٗا مِّن طِينٖ.

 

M-39/7:141. [Rappelez-vous] quand nous vous avons sauvés des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment, tuant vos fils et laissant vivre vos femmes. […] وَإِذۡ أَنجَيۡنَٰكُم مِّنۡ ءَالِ فِرۡعَوۡنَ يَسُومُونَكُمۡ سُوٓءَ ٱلۡعَذَابِ يُقَتِّلُونَ أَبۡنَآءَكُمۡ وَيَسۡتَحۡيُونَ نِسَآءَكُمۡ.

 

M-39/7:161. [Rappelle] lorsqu’il leur fut dit: “Habitez cette cité, mangez-en où vous voulez”. […] وَإِذۡ قِيلَ لَهُمُ: “ٱسۡكُنُواْ هَٰذِهِ ٱلۡقَرۡيَةَ، وَكُلُواْ مِنۡهَا حَيۡثُ شِئۡتُمۡ”.

 

H-39/7:164. [Rappelle] lorsque parmi eux une nation dit: “Pourquoi exhortez-vous des gens que Dieu détruira ou châtiera d’un châtiment fort?” […] وَإِذۡ قَالَتۡ أُمَّةٞ مِّنۡهُمۡ: “لِمَ تَعِظُونَ قَوۡمًا ٱللَّهُ مُهۡلِكُهُمۡ أَوۡ مُعَذِّبُهُمۡ عَذَابٗا شَدِيدٗا؟”

 

M-48/27:7. [Rappelle] lorsque Moïse dit à sa famille: “J’ai aperçu un feu. Je vais vous en apporter une nouvelle, ou bien je vous apporterai un tison allumé. ~ Peut-être vous réchaufferez-vous!” […] إِذۡ قَالَ مُوسَىٰ لِأَهۡلِهِۦٓ: “إِنِّيٓ ءَانَسۡتُ نَارٗا. سَ‍َٔاتِيكُم مِّنۡهَا بِخَبَ،رٍ أَوۡ ءَاتِيكُم بِشِهَابٖ قَبَسٖ. ~ لَّعَلَّكُمۡ تَصۡطَلُونَ!”

 

Les ajouts entre crochets s’inspirent d’autres versets dans lesquels une telle particule est utilisée mais dans des versets complets:

M-39/7:74. Rappelez-vous lorsqu’il vous a faits des successeurs après ‘Aad. وَٱذۡكُرُوٓاْ إِذۡ جَعَلَكُمۡ خُلَفَآءَ مِنۢ بَعۡدِ عَاد

 

M-44/19:16. Rappelle dans le livre Marie lorsqu’elle s’isola de ses gens dans un endroit oriental. وَٱذۡكُرۡ فِي ٱلۡكِتَٰبِ مَرۡيَمَ إِذِ ٱنتَبَذَتۡ مِنۡ أَهۡلِهَا مَكَانٗا شَرۡقِيّٗا.

 

M-44/19:41-42. Rappelle dans le livre Abraham, il était un véridique et un prophète, lorsqu’il dit à son père: “Ô mon père! Pourquoi adores-tu ce qui n’écoute, ni ne voit, ni ne te sert à rien? وَٱذۡكُرۡ فِي ٱلۡكِتَٰبِ إِبۡرَٰهِيمَ، إِنَّهُۥ كَانَ صِدِّيقٗا نَّبِيًّا إِذۡ قَالَ لِأَبِيهِ: “يَٰٓأَبَتِ! لِمَ تَعۡبُدُ مَا لَا يَسۡمَعُ وَلَا يُبۡصِرُ، وَلَا يُغۡنِي عَنكَ شَيۡ‍ٔٗا؟”

 

M-45/20:9-10. T’est-il parvenu le récit de Moïse? Lorsqu’il vit du feu, il dit à sa famille: “Restez. J’ai aperçu un feu. Peut-être vous en apporterai-je un tison, ou trouverai-je près du feu une direction!” وَهَلۡ أَتَىٰكَ حَدِيثُ مُوسَىٰٓ؟ إِذۡ رَءَا نَارٗا، فَقَالَ لِأَهۡلِهِ: “ٱمۡكُثُوٓاْ. إِنِّيٓ ءَانَسۡتُ نَارٗا. لَّعَلِّيٓ ءَاتِيكُم مِّنۡهَا بِقَبَسٍ، أَوۡ أَجِدُ عَلَى ٱلنَّارِ هُدٗى!”

 

M-41/36:13-14. Cite-leur comme exemple les gens de la cité, lorsque lui vinrent les envoyés. Lorsque nous leur envoyâmes deux, ils les démentirent. Nous [les] renforçâmes par un troisième et ils dirent: “Nous sommes envoyés à vous”. وَٱضۡرِبۡ لَهُم مَّثَلًا أَصۡحَٰبَ ٱلۡقَرۡيَةِ، إِذۡ جَآءَهَا ٱلۡمُرۡسَلُونَ. إِذۡ أَرۡسَلۡنَآ إِلَيۡهِمُ ٱثۡنَيۡنِ، فَكَذَّبُوهُمَا. فَعَزَّزۡنَا بِثَالِثٖ فَقَالُوٓاْ: “إِنَّآ إِلَيۡكُم مُّرۡسَلُونَ”.

 

Un autre phénomène est l’omission de l’apodose (réponse d’une proposition conditionnelle جواب الشرط ) dans de nombreux versets. Nous donnons ici quelques exemples avec nos ajouts des éléments manquants entre crochets:

M-59/39:9. Est-ce que celui qui est dévoué, à des moments de la nuit, prosterné, et debout, se prémunissant contre la vie dernière, et espérant la miséricorde de son Seigneur [est mieux, ou celui qui a mécru]? Dis: “Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas?” ~ Mais seuls les dotés d’intelligence s’en rappellent. أَمَّنۡ هُوَ قَٰنِتٌ ۦ، ءَانَآءَ ٱلَّيۡلِ، سَاجِدٗا، وَقَآئِمٗا، يَحۡذَرُ ٱلۡأٓخِرَةَ، وَيَرۡجُواْ رَحۡمَةَ رَبِّهِۦ […]؟ قُلۡ: “هَلۡ يَسۡتَوِي ٱلَّذِينَ يَعۡلَمُونَ وَٱلَّذِينَ لَا يَعۡلَمُونَ؟” ~ إِنَّمَا يَتَذَكَّرُ أُوْلُواْ ٱلۡأَلۡبَٰبِ.

 

M-59/39:24. Est-ce que celui qui se prémunit avec sa face contre le pire châtiment au jour de la résurrection [est comme celui qui en est protégé en entrant dans le jardin]? Et il sera dit aux oppresseurs: “Goûtez ce que vous réalisiez”. أَفَمَن يَتَّقِي بِوَجۡهِهِۦ سُوٓءَ ٱلۡعَذَابِ يَوۡمَ ٱلۡقِيَٰمَةِ […]؟ وَقِيلَ لِلظَّٰلِمِينَ: “ذُوقُواْ مَا كُنتُمۡ تَكۡسِبُونَ”.

 

H-96/13:33. Celui qui est au-dessus de chaque âme notant ce qu’elle a réalisé [est-il semblable à celui qui ne l’est pas]? Pourtant ils ont fait des associés à Dieu. Dis: “Nommez-les. Ou l’informez-vous de ce qu’il ne sait pas dans la terre? Ou [les nommez-vous] avec des paroles apparentes?” On a plutôt enjolivé à ceux qui ont mécru leur complot, et on les a rebutés de la voie. ~ Quiconque Dieu égare, nul ne peut le diriger. أَفَمَنۡ هُوَ قَآئِمٌ عَلَىٰ كُلِّ نَفۡسِۢ بِمَا كَسَبَتۡ […]؟ وَجَعَلُواْ لِلَّهِ شُرَكَآءَ[…]. قُلۡ: “سَمُّوهُمۡ. أَمۡ تُنَبِّ‍ُٔونَهُۥ بِمَا لَا يَعۡلَمُ فِي ٱلۡأَرۡضِ؟ أَم […]بِظَٰهِرٖ مِّنَ ٱلۡقَوۡلِ؟” بَلۡ زُيِّنَ لِلَّذِينَ كَفَرُواْ مَكۡرُهُمۡ، وَصُدُّواْ عَنِ ٱلسَّبِيلِ. ~ وَمَن يُضۡلِلِ ٱللَّهُ، فَمَا لَهُۥ مِنۡ هَادٖ.

 

Nous notons ici que nous n’avons pas pris en compte tous les ajouts inclus dans les traductions en général à des fins de clarification afin de ne pas encombrer le lecteur. Par exemple, ces traductions ajoutent (Abraham) dans le verset

M-44/19:47. Il dit: “Paix sur toi. Je demanderai pardon à mon Seigneur pour toi. Il était accueillant à mon égard. قَالَ: “سَلَٰمٌ عَلَيۡكَ. سَأَسۡتَغۡفِرُ لَكَ رَبِّيٓ. إِنَّهُۥ كَانَ بِي حَفِيّٗا.

 

Nous soulignons ici que la compréhension d’un certain nombre de versets incomplets est impossible sans recourir à des exégèses qui sont elles-mêmes contradictoires, ou aux mythes juifs qui abondent dans ces livres (voir, par exemple, les versets 38:34 et 38:44 et 2:124). Voilà pourquoi il est important de connaître les sources du Coran.

Nous produisons ici ce que dit Marouf Al-Rusafi, le fameux poète irakien dans son livre الشخصية المحمدية al-shakhsiyyah al-muhammadiyyah, à propos des lacunes du Coran:

Ce qui caractérise le Coran par rapport aux autres livres révélés et non révélés, c’est le nombre des lacunes. Lisez de longues exégèses, en particulier celles dont les auteurs ont évoqué la rhétorique et l’éloquence dans le Coran, comme l’exégèse de Zamakhshari. Vous découvrez que presque chaque verset comporte des lacunes que les exégètes ont tenté de combler pour les rendre compréhensibles. Nous pouvons appeler à cet effet le Coran “le livre des lacunes et des estimations كتاب المحاذيف والمقدرات” C’est comme si l’auteur du Coran nous dit: devinez ce à quoi je pense.

Comme signalé plus haut, presque un dixième des versets du Coran comporte des lacunes. Nous nous sommes basés dans notre livre sur diverses sources pour les déterminer, dont la plus importante est le livre Al-Suyuti: “الإتقان في علوم القرآن Al-itqan fi ‘ulum al-qur’an”, l’exégèse d’Ibn Ashour: “التحرير والتنوير Al-tahrir wal-tanwir”, l’article de Muhammad La’jal: “ظاهرة الحذف البلاغي في القرآن الكريم Dhahirat al-hadhf al-balaghi fil-qur’an al-karim” et le livre de Ali Abd-al-Fattah Muhyi Al-Shumari: “دلالة الاكتفاء في الجملة القرآنية Dala’il al-iktifha fil-jumlah al-qur’aniyyah”. Cette dernière source refuse d’utiliser le terme “lacune” en raison de sa connotation négative, estimant que le Coran, étant parole de Dieu, est parfait et précis dans son sens. Il cite à l’appui des versets dont le suivant: “Le faux ne l’atteint ni par devant lui ni par derrière lui. Une descente de la part d’un sage, d’un louable” (41:42). Évidemment, cet auteur ne pouvait pas dire autrement, bien qu’il donne de nombreux exemples de lacunes dans le Coran. Ses propos visent probablement à se disculper auprès de ses lecteurs.

Il convient de noter ici que pour déterminer ce qui est omis, il faut comparer les versets les uns avec les autres. Il en va de même en ce qui concerne l’estimation, c’est-à-dire l’identification de l’élément manquant dans le texte, identification qui diffère d’un exégète à l’autre. Une telle estimation porte un coup fatal à la sacralité du texte coranique et le plonge dans l’incertitude. Raison pour laquelle les exégètes ajoutent l’expression: “Dieu sait mieux” à la suite de leurs explications.

Prenons un exemple d’un article précédent concernant les tabous alimentaires:

55-6: 145: Dis: “Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun qui se nourrit de s’en nourrir, que la charogne, le sang répandu, la chair de porc, car c’est un opprobre, ou ce qui par perversité a été offert à un autre que Dieu”. Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, [nul péché sur lui]. Ton Seigneur est pardonneur, très miséricordieux [envers lui].

70-16: 115: Il vous a interdit la charogne, le sang, la chair de porc, et ce qui a été offert à un autre que Dieu. Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, [nul péché sur lui]. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux.

112-5: 3: Il vous est interdit [de manger] la charogne, le sang, la chair de porc, ce qui a été offert à un autre que Dieu, la bête étouffée, assommée, abîmée, encornée et mangée par un fauve, sauf celle que vous immolez, et ce qui a été immolé sur les [pierres] dressées. [Vous est aussi interdite] la divination par les flèches . … Mais quiconque est forcé par la famine, sans penchant vers le péché, [nul péché sur lui]. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux.

87-2: 173: Il vous a interdit la charogne, le sang, la chair de porc, et ce qui a été offert à un autre que Dieu. Mais quiconque est forcé, et n’est ni rebelle ni transgresseur, nul péché sur lui. ~ Dieu est pardonneur, très miséricordieux.

Les trois premiers versets comportent une lacune complétée entre deux parenthèses [nul péché sur lui], alors que le dernier est complet.

Les lacunes du Coran constituent une des raisons de son ambiguïté, le principal et plus important défaut linguistique du Coran. Nous en avons déjà parlé dans le premier article consacré aux erreurs du Coran sous le titre: Erreurs linguistiques dans le Coran: 1) L’ambiguïté, ou quand Dieu parle chinois https://www.sami-aldeeb.com/erreurs-linguistiques-dans-le-coran-1-lambiguite-ou-quand-dieu-parle-chinois-texte-et-video/.

Nous en empruntons un exemple d’ambiguïté en citant les propos d’Al-Halabi dans son exégèse “Al-Dur Al-Masoun”, concernant le verset 32:23:

M-75/32:23. Nous avons donné à Moïse le livre. Ne sois donc pas dans le doute au sujet de sa rencontre. Et nous l’avons fait une direction pour les fils d’Israël. وَلَقَدۡ ءَاتَيۡنَا مُوسَى ٱلۡكِتَٰبَ. فَلَا تَكُن فِي مِرۡيَةٖ مِّن لِّقَآئِهِۦ. وَجَعَلۡنَٰهُ هُدٗى لِّبَنِيٓ إِسۡرَٰٓءِيلَ.

L’expression “au sujet de sa rencontre” مِنْ لِقَائِهِ a posé un problème. Six propositions contradictoires ont été avancées par les exégètes pour comprendre ce verset, mais ce faisant ils démontre l’ambiguïté du Coran: rencontre de Mahomet avec Moïse lorsqu’il est monté au ciel, rencontre de Moïse avec le livre, rencontre de Mahomet avec un livre similaire au livre de Moïse, rencontre avec l’ange de la mort, le retour dont il est question dans le verset 21, les difficultés rencontrées par Moïse avec son peuple.

Nous signalons ici que la phrase “Nous avons donné à Moïse” revient dans dix versets

 


Sami Aldeeb, dr en droit
Directeur du Centre de droit arabe et musulman https://www.sami-aldeeb.com
Traducteur du Coran en français, en anglais et en italien par ordre chronologique
Voir ses écrits: https://www.sami-aldeeb.com/livres-books

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